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Noalic

” la fragilité peut se révéler 

être une force “

Résumé

Cette histoire vraie est celle d’une enfance et d’une jeunesse volées où le pardon et la foi interviennent avec innocence. C’est une longue traversée solitaire qui se racontera un jour et fera des vagues… C’est aussi une quête incessante du beau, du vrai, avec tous les aléas et les méandres que cette recherche comporte.

la-plume-de-Noalic
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livre 120 pages – 20x14

” Je voulais ne plus passer pour quelqu’un de fragile. Le regard souvent inquisiteur des autres (du moins le ressentais-je ainsi) augmentait mon malaise. Je voulais ne plus souffrir. Mais comment ? Me détacher à tel point des circonstances qu’elles ne provoqueraient plus en moi ni peine, ni douleur physique ou mentale, ni amertume, ni plaisir ? Devenir stoïque ? Les évènements extérieurs ne devraient plus ni me toucher, ni m’atteindre… Ainsi pourrais-je subir des perversions que mon esprit enregistrerait en spectateur, et pourrais-je me détacher des évènements traumatisants ou avilissants pour en ressentir le moins possible les effets.

Cette discipline paraissait à mes yeux comme une anticipation de la mort ; comme une séparation de l’esprit et du corps ; comme l’absence de rapport entre la cause et l’effet ; comme une dissociation de l’être. Mais puisqu’il fallait que je défende seule mon intégrité, c’est ainsi que je la préserverais.

J’accédai sans trop de difficulté à cette sorte d’indifférence. Bientôt, mon visage n’exprima plus ni joie, ni désarroi, ni peine, ni douleur physique. Me brûler, me cogner, être frappée, insultée ne provoquait ni cri, ni larmes, ni agressivité. J’avais l’impression que la maison pouvait brûler, s’écrouler réellement, que mes parents pouvaient mourir sans que cela provoquât de panique en moi, sans que j’intervinsse pour secourir les autres ou ma propre vie.

Curieusement, je constatais que mon métabolisme subissait une perte de chaleur. Ma mère était persuadée que j’avais froid en saisissant mes mains glacées. Altérant ma sensibilité, j’altérais aussi tout ce qui faisait la vie : la chaleur, l’énergie, le dynamisme. Je ne réagissais plus ou qu’avec lenteur. Je devais penser chacun de mes mouvements, fussent-ils les plus élémentaires, avec pondération, sans affolement, de manière claire, comme si je devais donner des ordres précis à un subordonné obéissant : mon corps. 

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